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Le trésor dans les vases de terre

 » Nous portons ce trésor dans des vases de terre, afin que cette grande puissance soit attribuée à Dieu, et non pas à nous.  » — 2 Corinthiens 4:7

La personne de Paul dans 2 Corinthiens

En lisant 2 Corinthiens attentivement, nous avons l’impression de rencontrer deux personnes : Paul en lui-même et Paul en Christ. Tout ce dont Paul parle, du premier chapitre à la conclusion de cette Épître, suit une même ligne. Tout au long de cette Épître, nous trouvons un principe gouvernant, que nous pouvons résumer par ces paroles de Paul :  » Nous portons ce trésor dans des vases de terre. » Dans le premier chapitre déjà, nous voyons  » ce trésor  » dans un vase de terre ; et jusqu’au dernier chapitre, nous continuons de rencontrer le vase de terre ; parallèlement cependant, nous rencontrons également le trésor.

2 Corinthiens est le livre le plus personnel du Nouveau Testament. D’autres Épîtres nous présentent la révélation de Dieu ; toutefois 2 Corinthiens est unique en ce sens qu’il nous montre par quel genre d’homme Dieu transmet sa révélation. Si nous n’avions pas cette Épître, peut-être connaîtrions-nous quand même l’oeuvre accomplie par Paul, mais nous ne saurions pas quel était le genre d’homme qui accomplit cette oeuvre. Paul était un vase de terre.

Le chrétien idéal

Aussitôt après ma conversion, j’avais ma propre conception de ce qu’est un chrétien, et je faisais tout mon possible pour devenir un tel chrétien. Je pensais que j’atteindrais la perfection si au moins j’arrivais à atteindre le standard que je m’étais fixé. Mon ambition, c’était d’être parfait, mais j’avais ma propre idée quant au standard de la perfection. Selon moi, un chrétien parfait devait sourire du matin au soir et que s’il versait une fois une larme, il cessait d’être victorieux. Je pensais aussi qu’un chrétien parfait devait être une personne très courageuse ; et si, dans une certaine circonstance, il montrait le moindre signe de crainte, je disais alors qu’il manquait de foi, qu’il n’arrivait pas à avoir confiance dans le Seigneur, qu’il n’était pas parfait.

Paul était un homme

J’ai gardé ces idées clairement définies de ce qu’un chrétien devait être jusqu’au jour où, en lisant 2 Corinthiens, j’arrivai au passage dans lequel Paul dit qu’il était triste. Mon attention fut arrêtée :  » Paul, triste ? » pensai-je. Je lus ensuite qu’il versa beaucoup de larmes et me dis :  » Est-ce vraiment possible que Paul ait pleuré ? » Je lus qu’il était pressé, qu’il était dans la détresse, et je me dis :  » Paul était-il réellement pressé ? Paul était-il réellement dans la détresse?  » Je lus aussi ce passage :  » … nous avons été excessivement accablés, au-delà de nos forces, de telle sorte que nous désespérions même de conserver la vie « .  » Est-ce possible que Paul ait été désespéré ?  » Il ne m’était jamais venu à l’idée qu’une personne comme Paul puisse endurer de telles expériences. Mais, en continuant à lire, je me rendis peu à peu compte que les chrétiens ne sont pas un nouvel ordre d’êtres angéliques, et que Paul n’était pas si différent de nous. Je découvris en fait que Paul était un homme et qu’il était le genre d’homme même que je connais.

Nous voyons donc ici un homme qui est effrayé, cependant il est fort ; il est entouré d’ennemis, toutefois il n’est pas lié ; il paraît être vaincu, et pourtant il n’est pas détruit. Nous pouvons voir qu’il est faible ; il déclare cependant que quand il est faible, c’est alors qu’il est fort. Nous constatons également qu’il porte dans son corps la mort de Jésus ; toutefois, il dit que la vie de Jésus est aussi manifestée dans son corps. Il est parlé de sa  » mauvaise réputation « , mais aussi de sa  » bonne réputation « . Il passe pour un  » imposteur « , mais il est  » véridique « . Il semble être  » inconnu « , toutefois il est  » bien connu « . Il est comme  » mourant « , et cependant il  » vit « . Il est comme  » attristé « , et pourtant il est  » toujours joyeux « ; comme  » pauvre « , et  » il en enrichit plusieurs « ; comme  » n’ayant rien « , et  » il possède toutes choses « . Voici ce qu’est un chrétien !

Un paradoxe spirituel

Réalisez-vous ce que signifie être chrétien ? Être un chrétien, c’est être une personne en qui on trouve une contradiction fondamentale. Un chrétien est quelqu’un en qui on trouve un paradoxe inhérent et ce paradoxe est de Dieu. Certaines personnes conçoivent la vie chrétienne comme n’étant qu’un trésor, sans vase de terre. Et, si elles rencontrent le vase de terre, elles ont l’impression que tout est faux. Mais Dieu a une conception tout à fait différente de celle de l’homme. Voici la pensée de Dieu :  » Nous portons ce trésor dans des vases de terre.  » Ainsi, même si le vase de terre est mis en évidence, il ne s’agit pas d’un cas désespéré. Le dessein de Dieu n’annule pas le vase de terre; il y met le trésor. Le trésor se trouve toujours dans le vase de terre. Il n’y a pas une âme dont le vase de terre serait tellement de terre qu’il ne laisserait pas paraître le trésor qui s’y trouve. La beauté du trésor est mise en valeur par le vase de terre dans lequel il est placé. Paul était un homme, un homme réel, mais la vie du Seigneur rayonnait dans sa vie. Il n’était pas un automate, il avait des sentiments. Et il n’était ni invariablement triste, ni invariablement heureux, mais alors même qu’il était triste, il était aussi heureux. C’est un trait caractéristique de la vie chrétienne que le visage puisse se détendre en un sourire alors même que des larmes coulent.

Nous continuons à espérer ne voir aucune trace du vase de terre lorsque nous rencontrons des chrétiens, toutefois, quand nous rencontrons certains des enfants du Seigneur les plus véritables, nous reconnaissons immédiatement leur personnalité propre. Nous voyons quel genre de personnes ils sont en eux-mêmes et également quel genre de personnes ils sont dans le Seigneur. J’ai connu une soeur très vive de caractère. Elle était rapide dans tous les domaines : prompte à parler, prompte à réprimander, prompte à écrire des lettres et prompte à détruire les lettres quelle avait écrites. En la voyant, vous saviez aussitôt quel genre de personne elle était ; en même temps cependant, vous pouviez voir le Seigneur en elle. Vous pouviez la voir souffrir dans l’épreuve, mais en même temps, vous pouviez voir sa richesse spirituelle. Vous voyiez le trésor dans un vase de terre.

Beaucoup de gens me disent qu’ils ont prié pour une certaine chose ; ils affirment avoir foi en Dieu et être absolument certains qu’il a entendu leur prière et leur a accordé ce qu’ils ont demandé. Mais rien ne se passe. Pourquoi ? Parce que leur foi est trop merveilleuse. Le trésor ne se trouve pas dans un vase de terre. Par contre, beaucoup d’autres personnes sont venues vers moi et m’ont parlé de leurs craintes et de leurs doutes, alors même qu’elles cherchaient à avoir confiance dans le Seigneur. Elles avaient présenté leurs requêtes à Dieu et s’étaient emparées de ses promesses, cependant des doutes indésirables les assaillaient continuellement. La véritable foi ne peut pas être tuée par le doute. Le trésor de la véritable foi apparaît dans un vase terrestre de doutes, et le vase de terre n’annule pas le trésor. Dans un tel environnement, le trésor rayonne d’une beauté accrue. Ne me comprenez pas mal, je n’encourage personne à douter; mais j’aimerais montrer clairement que la vie chrétienne n’est pas une affaire du trésor uniquement, ni des vases de terre uniquement, mais du trésor dans des vases de terre.

J’aime rappeler la prière que fit l’Église primitive pour que Pierre soit délivré des mains des méchants. Lorsque Pierre rentra et frappa à la porte, les croyants dirent que c’était son ange. Voyez-vous ? Il y avait là de la foi, la véritable foi, le genre de foi qui pouvait amener une réponse de la part de Dieu; mais la faiblesse de l’homme était toujours présente, et cette faiblesse se manifesta clairement. La foi que possèdent aujourd’hui de nombreux enfants du Seigneur est plus grande que celle que possédaient les croyants réunis dans la maison de Marie, mère de Jean surnommé Marc. Ils sont tellement sûrs, ils n’ont aucun doute. Ils sont certains que Dieu va envoyer un ange et que toutes les portes de la prison vont aussitôt s’ouvrir. S’il y a un coup de vent, voici Pierre qui frappe à la porte ! Si la pluie commence à battre, voici à nouveau Pierre qui frappe à la porte ! Ces personnes-là sont trop crédules; leur foi n’est pas la foi authentique. Dans notre vie journalière, le vase de terre est toujours mis en évidence, bien que dans la vie chrétienne il ne soit jamais question du vase de terre, mais du trésor qui s’y trouve. Dans la vie normale d’un chrétien, il se peut qu’au moment même où la foi est exercée pour prendre possession de Dieu, une question surgisse pour faire douter le chrétien. C’est quand il est le plus fort dans le Seigneur qu’il est souvent le plus conscient de son incapacité: c’est quand il est le plus courageux qu’il devient conscient d’une crainte intérieure: et c’est lorsqu’il est le plus joyeux qu’un sentiment de détresse l’envahit. Ce paradoxe est l’évidence même qu’il y a un trésor dans le vase de terre.

La puissance de Dieu se manifeste dans la faiblesse de l’homme

Paul nous dit qu’il avait une écharde dans la chair. Je ne sais pas ce qu’était cette écharde, mais je sais cependant que c’était un facteur d’affaiblissement et que Paul pria trois fois pour qu’elle lui soit enlevée. Mais Dieu lui répondit :  » Ma grâce te suffit car ma puissance s accomplit dans la faiblesse.  » Comment la puissance du Seigneur peut-elle s’exprimer pleinement dans un homme faible ? La vie chrétienne n’est pas une vie où la faiblesse est abolie, ni simplement une vie où la puissance divine est manifestée ; c’est une vie où la puissance divine est manifestée dans la faiblesse humaine. La vie chrétienne ne produit pas un ordre merveilleux et nouveau d’êtres angéliques, mais des êtres humains dans la faiblesse desquels la puissance divine est révélée. Laissez-moi illustrer cela.

Il y a plusieurs années, j’étais sérieusement malade. Durant deux mois, on me radiographia à trois reprises et, chaque fois, le diagnostic était très sérieux. Je priai et je crus. J’avais espéré que Dieu guérirait ma maladie, mais, bien que j’aie à plusieurs reprises expérimenté que mes forces se renouvelaient considérablement, la racine du mal demeurait, et ainsi une rechute était toujours possible. J’étais ennuyé. Quelle était l’utilité d’un renouvellement momentané de mes forces ? Un jour, alors que je lisais la Bible, j’arrivai au chapitre de 2 Corinthiens où Paul prie trois fois pour que Dieu lui ôte son  » écharde « . Dieu ne la lui a pas ôtée, mais lui a dit :  » Ma grâce te suffit. « A cause de cette écharde, il reçut plus de grâce. Parce que cette faiblesse persistait, la grâce augmentait. Et je vis que c’était cela la vie chrétienne ! Je priai pour voir plus clairement encore, et il me vint l’image d’un bateau qui ne pouvait passer parce qu’un rocher dépassait du lit de la rivière ; il avait un mètre cinquante de haut. En fait, j’avais prié ainsi :  » Seigneur, si tu le désires, enlève ce rocher.  » Je me demandai alors intérieurement :  » Serait-ce mieux d’ôter ce rocher d’un mètre cinquante ou de laisser le Seigneur élever le niveau de l’eau d’un mètre cinquante ?  » Et je répondis :  » Le mieux serait que le niveau de l’eau monte.  »

Depuis ce jour, beaucoup de mes difficultés disparurent. Je n’oserais pas dire que je n’ai plus jamais été tenté, mais, Dieu soit loué, j’ai découvert qu’il est en mesure de se charger des difficultés sans forcément les enlever. La vie chrétienne n’est pas une vie où les rochers sont ôtés, mais où le niveau de l’eau monte. Avez-vous des difficultés ? Oui. Avez-vous des faiblesses ? Oui, nous en avons tous. Mais souvenez-vous que ce que le Seigneur recherche, ce n’est pas, du point de vue négatif, que nos faiblesses disparaissent, ni même, du point de vue positif, que nous recevions une quantité illimitée de force. Toute la force qu’il donne est manifestée dans la faiblesse. Tout le trésor que nous avons est dans des vases de terre.

La faiblesse de l’homme ne limite pas la puissance de Dieu

Combien nous sommes reconnaissants à Dieu de ce qu’aucune faiblesse humaine ne puisse limiter la puissance divine. Nous sommes enclins à penser que là où la tristesse existe, la joie ne peut exister ; que là où il y a des pleurs, il ne peut y avoir de louanges ; que là où la faiblesse est présente, la puissance doit être absente ; que là où il y a le doute, la foi ne peut être présente. Mais laissez-moi proclamer d’une voix claire que Dieu veut nous amener à reconnaître que tout ce qui provient de l’homme n’est là que pour servir de vase de terre devant contenir le trésor divin. Dorénavant, lorsque nous serons conscients d’une certaine dépression, ne lui laissons pas libre cours, mais ouvrons-nous au Seigneur ; alors, parce que le vase est de terre, le trésor rayonnera d’autant plus glorieusement. Je ne parle pas de théorie ; je sais ce dont je parle. C’est ici que se trouve la gloire de la vie chrétienne : le trésor de Dieu peut se manifester dans n’importe quel vase de terre. La vie chrétienne est un paradoxe, et c’est lorsque nous, chrétiens, vivons cette vie paradoxale, que nous apprenons à connaître Dieu. Plus nous avançons dans la vie chrétienne, plus elle devient paradoxale. Le trésor se manifeste de plus en plus, mais le vase de terre, lui, reste toujours le vase de terre. Cest vraiment merveilleux !

Observez simplement la patience divine d’un homme qui, de nature, est impatient, et comparez ce cas avec celui d’un homme que rien n’affecte. Regardez l’humilité divine d’une personne qui, de nature, est hautaine, et comparez cette personne à quelqu’un qui aime à s’effacer. Observez la puissance de Dieu dans une personne faible de caractère et comparez cette personne avec quelqu’un qui, de nature, est fort de caractère. La différence est énorme. Les personnes naturellement faibles ont toujours tendance à penser qu’elles ne servent à rien, à cause de la qualité terreuse de leur vase ; mais il n’y a pas de quoi être découragé, puisque le trésor qui se trouve dans le vase est d’une si grande qualité qu’il peut même rayonner avec plus de splendeur dans un tel vase. Frères et soeurs, laissez-moi vous répéter encore que tout dépend de la qualité du trésor, et non de la qualité du vase qui le contient. C’est une folie que de mettre l’accent sur l’aspect négatif ; nous nous intéressons à l’aspect positif. Le Seigneur peut se manifester lui-même dans la vie de chacun d’entre nous, et lorsque cela se produira, nombreux seront ceux qui contempleront le trésor.

 » Nous portons ce trésor dans des vases de terre, afin que cette grande puissance soit attribuée à Dieu, et non pas à nous.  » ( 2 Corinthiens 4:7 )

Watchman Nee


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Foi

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