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Le Canon Biblique et les livres apocryphes

La Bible est un livre unique au monde. Aucune œuvre littéraire n’a su résister à autant de critiques acerbes et n’a frayé son chemin dans autant de cœurs humains pour les transformer. L’histoire montre de même l’influence que ce livre a exercée sur des nations entières. C’est le livre le plus vendu, le plus lu. C’est aussi le seul livre au monde à être traduit dans plus de 1500 langues ou dialectes.

Il est formé d’une collection de 66 livres divinement inspirés et écrits par plus de 40 hommes en l’espace de 2000 ans. Pourtant, c’est un livre d’une unité parfaite groupant des faits scientifiques, historiques et prophétiques. Sa précision et sa véracité ont été prouvées maintes fois par de nombreux savants chrétiens, et sa structure numérique a déjà émerveillé des linguistes spécialisés dans l’hébreu et le grec. Mais la Bible est avant tout un appel divin à l’homme d’être réconciliée avec son Créateur, le Dieu vivant et vrai, afin de partager la vie avec Lui.

Mais comment les livres individuels de l’Ecriture, inspirés de Dieu ont-ils été rassemblés ? Selon quels critères a-t-on reconnu leur autorité, et pourquoi ont-ils été choisis alors que d’autres ouvrages religieux étaient résolument écartés ? A quelles époques et dans quelles circonstances a-t-on dressé la liste actuelle des livres inspirés, appelée Canon ?

I. Qu’est-ce que le canon biblique ?

Le mot « canon » est tiré du grec « kanôn » qui est la traduction du terme sémite qanu et de l’hébreu qaneh signifiant à l’origine « roseau » ou « canne » (Eze 40:3) puis, par extension, « norme » ou « règle » (Ga 6:16). Plus tard, on parlera de « décret », de « mesure officielle », puis de « liste officielle ». Le canon des Ecritures Saintes constitue donc la liste des livres reconnus dignes d’être incorporés à un recueil d’écrits inspirés de Dieu : la Bible.

Un livre est canonique si la Synagogue juive ou l’Eglise chrétienne l’ont reconnu comme porteur de la révélation communiqué par l’Esprit de Dieu. A la base, une mesure a dû être établie pour servir d’étalon : l’autorité divine. Les auteurs des différents livres écrivaient sous l’inspiration divine. Et cette autorité s’imposait immédiatement à la lecture de ces écrits. Le cœur humain devait faire un choix face à une directive de Dieu (De 32:44-47 ; Jér 36). Ainsi, ces écrits deviennent une règle de vie, de jugement, de conduite (Ga 6:16) on examinait toutes choses à la lumière des Saintes Ecritures (Ac 7:11). D’autre part, le mot « Canon » est devenu un terme technique pour désigner tout ce qui se rapporte à la collection des livres de la Bible pour former un tout. Car la Bible n’a pas été donnée en une seule fois.

II. L’inspiration divine détermine la canonicité

Par définition la bibliothèque des 66 livres de l’Ecriture ne doit contenir que des textes inspirés : « Toute Ecriture est inspirée de Dieu ». Les écrits dénués de cette qualité n’ont rien à y faire ; d’autre part, l’Esprit de sagesse et de vérité a veillé à ce que toutes ses révélations utiles au salut y soient rassemblées. Très souvent, ceux qui doutent de l’inspiration remettent forcément en question le canon lui-même.

Les hommes ont-ils la capacité de discerner l’inspiration de manière à reconnaître avec certitude si tel ou tel livre religieux a sa place dans le canon ? D’eux-mêmes, ils ne le peuvent pas parce que la révélation proprement dite est l’œuvre de Dieu (1 Cor.2.9-10, 14). C’est pourquoi le Seigneur opère trois miracles : il accorde

  • L’inspiration aux auteurs sacrés
  • L’illumination à l’individu bien disposé, afin qu’il comprenne le texte inspiré
  • Le discernement à la communauté croyante, afin qu’elle reconnaisse les livres d’origine divine et les conserve dans le canon

Dieu ne parle pas en vain. S’il s’adresse à l’Homme, il rend celui-ci capable de percevoir avec exactitude son message. « Le gardien de l’enclos lui ouvre, les brebis écoutent sa voix. Il appelle par leur nom celles qui lui appartiennent, et il les fait sortir de l’enclos. Quand il a conduit au dehors toutes celles qui sont à lui, il marche à leur tête et les brebis le suivent, parce que sa voix leur est familière. Mes brebis écoutent ma voix, je les connais et elles me suivent. » (Jn.10.3, 4, 27). Il est donc claire qu’un instinct mystérieux et infaillible a conduit Israël et l’Eglise primitive vers les écrits sacrés qu’il s’agissait de rassembler et de préserver pour le salut du monde.

III. Le Canon est le fruit de l’inspiration divine et non pas de décisions humaines

Le canon n’est pas tellement une liste inspirée de livres Juifs et chrétiens, qu’une liste de livres donnés par inspiration aux Juifs et aux chrétiens. Les écrits des prophètes et des apôtres étant canoniques par leur valeur intrinsèque (c’est-à-dire qu’ils ont la même essence), le canon existe en principe dès leur rédaction, et il s’augmente au fur et à mesure de l’apparition successive de nouveaux ouvrages inspirés. La vérité de Dieu est inviolable et elle ne s’appuie pas sur la fantaisie des Hommes. Si le fondement de l’Eglise est la doctrine que les prophètes et les apôtres nous ont laissée, il est donc clair que cette doctrine a été avant que l’Eglise n’en vienne à être. En recevant l’Ecriture sainte et en donnant son approbation, l’Eglise ne la rend pas authentique, comme si auparavant elle eût été douteuse : mais parce qu’elle la connaît être pure vérité de son Dieu, elle la révère et honore comme elle y est tenue par le devoir de piété.

IV. Le canon de l’Ancien Testament

Le Seigneur adresse à Israël une merveilleuse vocation : apporter au monde la connaissance du vrai Dieu et la promesse du Messie, par le moyen des Ecritures inspirées. Pour cela le peuple choisit reçoit un discernement, un amour et un attachement indéfectibles pour la Parole divine.

Pendant environ 1000 ans – de Moïse à Malachie – divers auteurs ont rédigé les 39 livres sous l’inspiration divine. Dieu les a directement inspirés, tout en respectant pleinement leur personnalité et leur caractère divers. Ces écrivains n’étaient pas des automates obéissant machinalement à un auteur sous dictée. Rédigés successivement, ces écrits faisaient autorité parmi les croyants juifs. Probablement du temps d’Esdras et de Néhémie, ils furent rassemblés en un seul recueil. Au troisième siècle avant Jésus-Christ, l’Ancien Testament existait comme nous le possédons.

La traduction des « Septante » fut terminée vers le milieu du deuxième siècle avant Jésus-Christ. Elle contient tous les livres de l’Ancien Testament. Nous avons ensuite le témoignage unanime des Juifs jusqu’au temps de Jésus. Quel qu’ait été le parti religieux auquel ils appartenaient, le Canon hébraïque était leur règle.

Puis, le Seigneur lui-même et les apôtres reconnaissaient intégralement l’Ancien Testament (Mt.5 :17-19 ; Jn 10:35; Lu 24:27, 44 ; Mt.7 :12 ; Ro 3:2). Les Apocryphes ne figurent pas dans le Canon hébraïque. Aucun de ces livres ne fut accepté par le synode juif de Jamnia vers l’année 100 avant Jésus-Christ.

Ni l’écrivain Philon, ni le célèbre historien Josèphe, tous deux Juifs érudits du premier siècle, ne les mentionnent. Le texte massorétique les ignore. Le Seigneur et les apôtres les passent sous silence et l’Eglise des premiers siècles les considérait comme non-inspirés.

Il suffit, d’ailleurs, de les comparer aux Saintes-Ecritures pour s’en convaincre.

V. Le Canon du Nouveau Testament

Le Christ n’a rien rédigé lui-même. Il est cependant très intéressant de savoir de quelle manière les livres ont été rédigés, groupés et séparés d’écrits non inspirés.

Dans l’Eglise primitive, tous les écrits du Nouveau Testament faisaient autorité, Ils furent rédigés par les apôtres et circulèrent rapidement parmi les premiers chrétiens (1Th 5:27; Col 4:16; 2P 3:15-16; Ga 1:8-12).

Les chrétiens apostoliques entre 50 et 150 rendent déjà témoignage à l’autorité divine des Ecritures du Nouveau Testament. Entre l’an 140 et 200, défenseurs et détracteurs de la « doctrine de Christ » citent constamment les auteurs du Nouveau Testament. Origène, au début du 3me siècle, fut considéré comme un des premiers commentateurs de la Bible. Il cite tous les Ecrits du Nouveau Testament.

Remarquons premièrement que l’Eglise primitive, à la suite du Christ et des apôtres, n’a eu aucune difficulté à admettre tel quel le canon juif de l’Ancien Testament.

Le Canon biblique est clairement établi dans une lettre d’Athanase en 367. Il cite 27 livres du Nouveau Testament à l’exclusion de tout autre écrit. D’un point de vue historique, nous remarquons qu’aucun concile œcuménique n’a jamais défini, le canon du N.T. Avant que le concile de trente (16e siècle) l’ait fait pour l’Eglise Catholique romaine ! Le troisième Concile de Carthage en 397 qui est un concile local, décida de limiter les lectures publiques au canon.

Les choses se sont passées « naturellement », sans décision ecclésiale concertée. L’Eglise n’a fait que recevoir les écrits qui se sont imposés à elle grâce au gouvernement providentiel du Seigneur et elle les a reconnus à l’aide de certains critères.

Le critère essentiel a été celui de l’apostolicité. L’écrit devait être l’œuvre d’un apôtre ou d’avoir été rédigé sous son autorité. C’est ainsi que l’Evangile selon Marc, d’une part, et les deux livres de Luc (Luc et Actes des Apôtres) et Hébreux d’autre part, ont été reconnus à cause des liens de leurs auteurs avec respectivement Pierre et Paul. Trois autres critères ont aussi été invoqués : l’orthodoxie de l’écrit, l’ancienneté et l’œcuménicité (large diffusion)

Ainsi, Dieu a veillé à la collection des 66 livres inspirés divinement.

Remarque :

Donc au premier siècle jusqu’au milieu du deuxième siècle, le canon du Nouveau Testament ne souffre d’aucune contestation. Dans la même période, un mouvement hérétique de tendance gnostique de Marcion prend naissance. Celui-ci déprécie le monde matériel et oppose le Dieu de l’A.T. à celui du N.T., la loi et l’Evangile. Marcion publie sa propre version du N.T., expurgée de tout ce qui est trop « vétérotestamentaire » (il ne garde que Lc, rejette Jc et 1 et 2 P, « nettoie » certaines lettres Pauliennes, etc.). Face à de telle hérésie, plusieurs frères vont réaffirmer alors la canonicité de l’A.T. et souligner le caractère canonique des écrits qui composent le N.T.

VI. Les livres apocryphes

Du grec apokrupha qui signifie caché, secret, les apocryphes sont des livres religieux juifs d’origine obscure qui n’ont jamais été inclus dans le canon hébraïque. Ils ne figurent pas dans le texte massorétique et n’ont pas été interprétés par aucun Targum. L’opinion générale des Juifs était qu’avec Malachie, la voix prophétique s’était tue. Ils estimaient qu’apres ce livre qu’ils nommaient « le sceau des prophètes », il n’était plus paru d’écrit inspiré. Voici la liste des apocryphes plus tard admise par Rome :

1 et 2 Maccabées, Tobie, Judith, additions à Esther, 3 Esdras, Suzanne, Bel et le dragon, Cantique des 3 jeunes Hébreux (additions à Daniel), Baruch, Ecclésiastique, Sagesse de Salomon (ou : sapience). On mentionne encore : la prière d’Azarias, la prière de Manassé, la lettre de Jérémie.

A part certains renseignements historiques intéressants (1 Macc. Surtout) et quelques belles pensées morales (Sagesse de Salomon P. ex.), ces livres contiennent des légendes absurdes, des platitudes, des erreurs historiques, géographiques et chronologiques, ainsi que des hérésies doctrinales manifestes ; ils recommandent même des actes immoraux (Judith 9.10, 13).

Il semble qu’au début ces livres ne figurait pas dans la version des LXX (Septante), mais furent graduellement introduits dans les dernières éditions. Le Christ et les apôtres ne s’y réfèrent jamais, ni Josèphe, ni Philon ne les citent. Bien qu’ils fassent librement usage du texte des LXX, et qu’ils aient très certainement connu les textes en question. Les chrétiens des premiers siècle ne les ont pas non plus admis parmi les Ecritures inspirées.

Jérome au 5e siècle ajouta les apocryphes à sa traduction de la Bible en Latin appelé « la Vulgate », en faisant remarquer la différence évidente d’inspiration et de valeur spirituelle entre ces livres et les écrits canoniques. Il déclarait qu’il rejetait l’histoire de Suzanne et le Cantique des trois jeunes Hébreux, et tenait pour une fable l’histoire de Bel et du Dragon.

Les réformateurs distinguèrent nettement les apocryphes du texte de l’Ancien Testament.

Au concile de trente, l’Eglise Romaine promulgua le décret suivant : « Si quelqu’un ne reçoit pas pour textes sacrés et Canoniques ces livres entiers avec toutes leurs parties… qu’il soit anathème ! ». Parce qu’elle manquait d’arguments, face aux réformateurs, pour justifier ses déviations non bibliques. Elle crut trouver dans les apocryphes les déviations pour : La prière en faveur des défunts et le sacrifice expiatoire (finalement la messe ; 2 Macc.12. 39-46), L’aumône qui expie aussi les péchés et délivre de la mort (Tobie12.9 ; 4.10), l’invocation et l’intercession des saints (2Macc.15.14 ; Bar.3.4), le culte des anges (Tobie 12.12), le purgatoire et la rédemption des âmes après la mort (2Macc.12.12, 46), etc.

Conclusion

Remercions Dieu qui a merveilleusement veillé sur l’intégrité de sa Parole, et a laissé parvenir jusqu’à nous tout le canon des anciens Ecritures, et celui-là seulement. Ce qui suffisait aux Juifs, à notre Seigneur Jésus Christ, à ses apôtres et aux Réformateurs, peut aussi nous suffire. Le canon n’a pas été fixé par voie d’autorité, ni pour le Nouveau Testament, ni pour l’Ancien Testament. Ce ne sont pas les conciles, Juifs ou Chrétiens, qui ont imposé des livres, humain jusque-là, et les auraient hissés par décret au niveau d’écrits désormais divins. Tout au contraire : des ouvrages suscités par une inspiration surnaturelle se sont imposés, par un travail silencieux du Saint-Esprit, à toute la chrétienté.

Par ailleurs, nous remarquons que c’est l’Ecriture qui est antérieure à l’Eglise, lui fournissant la base, son cadre, sa doctrine et sa nourriture spirituelle. Il est également important de relever qu’il ne subsiste qu’un seul canon pour la chrétienté tout entière. Les théories des critiques, les modes théologiques passent, et l’Ecriture subsiste dans son intégrité. Et c’est sur cette base sur constitué de 27 livres du Nouveau Testament et 39 de l’Ancien Testament que les véritables croyants au Christ peuvent trouver la nourriture divinement inspirés, rassemblés et gardés pour leur croissance.

Enfin, la Bible constituée de 66 livres se distingue nettement de tout autre ouvrage religieux ou philosophique par son contenu capable de transformer les cœurs les plus endurcis, les plus tourmentés. Elle seule a la puissance de donner la vie et la joie de la vivre. C’est l’unique message au monde qui libère l’homme de l’esclavage du péché. Dieu, dans son amour infini, désire rencontrer l’homme pour lui donner la vie éternelle et la partager avec lui, en Jésus-Christ. La Bible est donc complète et divinement inspirée pour nous donner la vraie sagesse, celle qui conduit au salut par la foi en Jésus-Christ (Tit 3:15).

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