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Incursion au royaume de la télévision (3/4) – La télévision: un véritable medium

Marchez pendant que vous avez la lumière, afin que les ténèbres ne vous surprennent pas: celui qui marche dans les ténèbres ne sait pas où il va (Jn 12.35).

« Reine du foyer, la télévision talonne le réfrigérateur, qui constitue le premier achat d’un ménage. Elle bénéficie généralement d’un emplacement de choix, au salon, voire dans la salle à manger. 30% des familles possèdent plusieurs télévisions, et dans 15% des foyers romands elle côtoie peluches, jeux et livres, directement dans la chambre des enfants. Malgré, ou à cause d’une présence massive dans la vie des familles, on l’a chargée d’à peu près tous les maux : elle rendrait les enfants paresseux, agressifs, elle saperait l’imagination et la créativité, et enfin offrirait une vision appauvrie et standardisée du monde… Liliane Lurçat, docteur en psychologie et directeur honoraire au CNRS à Paris, dit: « la télévision est une voleuse d’enfance… » En vrac, elle lui reproche d’éloigner l’enfant du réel, d’induire une dépendance et de provoquer des phénomènes d’imitation. Exagéré? On a tout de même vu des enfants sauter par la fenêtre parce qu’ils se prenaient pour Batman, rappelle-t-elle! »[3] Sans parler des vidéos et du cinéma, la télévision permet aux spectateurs d’entrer en contact avec le monde d’une façon qui est très souvent manipulée.

La télévision est une invention qui n’est pas mauvaise en soi, mais nous pouvons bien souvent regretter l’usage qui en est fait! S’il est vrai que la télévision reste un instrument, et rien d’autre, encore faut-il examiner à quelle fin cet instrument est utilisé. N’importe quel outil ne convient pas à n’importe quelle tâche. En outre l’expérience est là d’après les enquêtes, pour nous montrer les ravages qu’elle a opérés. Henri Madelin écrit dans le monde diplomatique: « La TV a pris l’habitude de s’occuper de tout. Sa règle d’or est la rapidité, c’est-à-dire la simplification. Pour mieux capter et retenir l’attention de ceux qui s’installent devant le petit écran, elle propose un spectacle paradoxal, mêlant sublime et anecdotique, réalisme et rêverie, banalisation d’un univers sans relief et entrée dans le royaume du nouveau sacré des temps modernes… On sait que la radio annonce la nouvelle, la télévision en montre les images, la presse écrite en fait le commentaire. Rien à redire, sauf que, désormais, c’est la TV qui domine l’information de masse. Et que, le plus souvent, la pédagogie télévisuelle nous épargne l’effort intellectuel, la pesée minutieuse des motifs et des raisons, la souffrance d’une volonté qui hésite avant de se déterminer… Depuis 1985, les enquêtes répètent que chaque Français de plus de quinze ans consacre, au moins, par semaine, 15 heures à la TV, 10 h 30 à la radio et à peine 2 h 30 à un quotidien. Si l’on compte que chacun doit trouver en moyenne 8 heures de sommeil, il reste à peine 112 heures disponibles, par semaine, pour une vie éveillée. Plus de 25% de ce temps est occupé par les médias. Chiffres à l’appui, un Français passe donc huit ans de sa vie à regarder la télévision »[4]

Christian Bobin écrit: « Tu es là, dans ton fauteuil ou devant ton assiette, et on te balance un cadavre suivi du but d’un footballeur, et on vous abandonne tous les trois, la nudité du mort, le rire du joueur et ta vie à toi, déjà si obscure, on vous laisse chacun à un bout du monde, séparés d’avoir été aussi brutalement mis en rapport avec un mort qui n’en finit plus de mourir, un joueur qui n’en finit plus de lever les bras, et toi qui n’en finis pas de chercher le sens de tout ça, on est déjà à autre chose, dépression sur la Bretagne, accalmie sur la Corse… Un monde sans images est désormais impensable… »[5]

Breyten Breytenbach, un sociologue, dit à ce propos: « La télévision détruit des pans entiers de la capacité humaine de compréhension. Il n’y a aucun moyen aussi puissant de destruction du sens de la hiérarchie des valeurs. Boire un Coca-Cola devient aussi important que tuer quelqu’un! La TV, c’est la destruction de la mémoire, de la capacité de celui qui regarde de s’engager, d’avoir le sentiment d’avoir un rôle à jouer: tout est déjà mâché pour lui et il n’a aucune possibilité d’intervenir, de réagir. Il est arrosé d’informations qui finissent par le combler entièrement.« [6] « La TV a vraiment changé notre société, il est difficile de voir ce qui va en sortir. On peut être complètement cynique et dire que de toute façon les changements sont inévitables mais cela reviendrait à renoncer à nos responsabilités. Il faut quand même essayer d’intervenir. Je crois que les seuls, pour l’instant, qui puissent réagir sont les journalistes eux- mêmes. Il ne sert à rien de se réfugier derrière des barrières telles que la « liberté d’expression », car c’est juste une façon de se faire plaisir. Il n’y a rien de plus détestable que de voir ces gens qui se prennent pour de petites stars et qui manipulent par l’information les gens, pour les mettre dans leur petite boîte, avec leurs petits calculs. »[7] Une enquête menée par le « Point » a établi le bilan chiffré d’une semaine ordinaire sur les cinq chaînes françaises de télévision et Canal+, hors journaux télévisés. Il s’agissait de relever le nombre de meurtres, de viols, d’agressions, etc. présentés en une semaine sur le petit écran. En voici le résultat: Total 670 meurtres; 15 viols; 848 bagarres; 419 fusillades ou explosions; 14 enlèvements; 11 hold-up; 8 suicides; 32 prises d’otage; 27 scènes de torture; 18 drogués; 9 défenestrations (des gens jetés par les fenêtres); 13 tentatives de strangulation; 11 scènes de guerre; 11 strip-tease; 20 scènes d’amour poussées(pornographie légère, du style « la femme de lorenzo » et autres que les « chrétiennes » aiment bien déguster…). (A noter que durant la tranche horaire se situant entre 20h30-22h30, il y avait 20% de meurtres; 33% de viols; 43% d’enlèvements et 10% de scènes d’amour poussées).

Beaucoup de professeurs de l’école du niveau secondaire se plaignent que les enfants, abîmés par la télé, sont incapables de penser d’une manière suivie et cohérente. A ce propos, une expérience intéressante a été pratiquée en Allemagne de l’Ouest. La moitié d’une classe a été privée de télévision pendant plusieurs semaines; l’autre moitié, comme d’habitude, y avait accès. On a remarqué très vite que les premiers se montraient plus attentifs en classe, obtenaient de meilleurs résultats scolaires, que les seconds. Selon des statistiques aux Etats-Unis, on compte qu’à 18 ans, un adolescent qui regarde régulièrement la télé, a été au moins témoin de 20’000 meurtres dans sa vie. Sans compter toutes les autres actions commises contre la morale. Et pour que nul ne l’ignore: « la délinquance juvénile a plus que doublé entre 1970 et 1980 parallèlement à l’essor de la télévision. »[8] Je peux m’imaginer que beaucoup de jeunes vont augmenter leurs heures de consommation télévisée à cause du problème du chômage. Imaginez-vous toute une jeunesse devant des images irréelles, un monde de violence mêlée de convoitise; et de pratiques immorales. Beaucoup de spécialistes reconnaissent que la violence se transmet à la jeunesse par la télé. Ecoutons par exemple les propos de l’inspecteur scolaire Michel Pittet en Gruyère: « Oui, la télévision corrompt notre belle jeunesse et si 5 enfants sur 6 rangent la violence dans le catalogue des qualités humaines, c’est la faute à l’écran. Il est juste d’accuser la télévision. C’est un outil merveilleux qui ne remplit pas son devoir ».[9]

Démission de la raison

Nous ne voulons pas que ce soit dit, mais la télévision est devenue un danger énorme pour les familles chrétiennes qui veulent encore marcher selon la sainteté de Dieu. Ceux qui veulent maintenir le petit écran dans leur foyer doivent exercer une discipline très astreignante pour trier les programmes. Quel parent n’a pas encore cédé à ses enfants qui le supplient de les laisser regarder tel ou tel film? Sans aucune retenue, la TV nous a habitués à voir des choses qui sont en directe contradiction avec la Parole de Dieu. Pour donner un exemple, la série « Dallas » a eu un énorme succès parmi les téléspectateurs. Mais on oublie très souvent de considérer la morale qu’elle a véhiculée: l’échange de partenaires, les divorces, l’adultère, le crime, etc. « La société, après avoir brisé tous les interdits, notamment au détriment des jeunes, ne commence-t-elle pas à s’interroger sur ce qu’il importe désormais de protéger? » se demande pour sa part la Française Liliane Lurçat, spécialiste en psychologie de l’enfant.[10] « La télévision dénature les faits pour les introduire dans un monde fictif qui lui est propre. Elle est véritablement un médium, dans le sens d’un milieu à part, isolé du monde réel, s’imposant comme l’intermédiaire obligé entre le fait et sa perception. Qui s’informe à la télévision croit puiser directement à la source, mais se trompe lourdement. Une quantité impressionnante de sélections, de filtrages et de trucages se sont déjà opérés sous toutes sortes de conditions et d’intentions. Parmi les dizaines de milliers de faits à retenir, on retient tels ou tels pour les présenter à l’écran. On les a préférés à des centaines d’autres du même ordre et de la même importance et les critères de cette sélection ne sont jamais révélés. »[11] « On sait que les petits enfants encore incapables de raison n’agissent guère que par imitation de ce qu’ils voient faire. La nature les a créés imitateurs. C’est ainsi qu’ils apprennent à parler; et, quand quelqu’un le fait devant eux, ils regardent fixement le mouvement de ses lèvres et de ses yeux, l’attitude de son corps et l’expression de son visage. Ces images s’impriment dans leur mémoire, et nouveaux habitants du monde, tout les étonne, chaque chose nouvelle les attire. Ils ressemblent, dit un philosophe, à une toile nue, sur laquelle rien n’a encore été peint, et où les premières couleurs que l’on applique s’impriment profondément. »[12] C’est à eux que la télévision s’adresse de plus en plus, pour pervertir la jeunesse le plus tôt possible. Nul ne voit, dans la vie réelle, cinq meurtres à l’heure. Un téléspectateur moyen assiste en une semaine à plus de crimes violents, de suicides, de scènes d’amour poussées, de viols et de meurtres qu’il ne s’en commet en un an dans n’importe quelle grande ville du monde. Quant aux enfants, écrit Liliane Lurçat: « si on leur présente un monde cruel pour naturel, on ne s’étonnera pas qu’ils nous le rendent au centuple. La cruauté, ajoute-t-elle, fait certes partie de l’enfance, mais la compassion est un sentiment qui s’éduque; et, avec la télévision, on est loin du compte ».[13] Combien cette spécialiste en psychologie de l’enfance dit, à juste titre, que la génération suivante donnera les fruits amers de la nourriture dont on l’a nourrie. Rien n’égale la violence des productions d’Hollywood. Non seulement le nombre de morts devient astronomique, mais souvent les victimes ne meurent pas, elles explosent, les corps se tordent au ralenti, le sang gicle et la mort est montrée avec d’atroces détails. Et on y ajoute de plus en plus de violence sexuelle. « Plus un pays s’équipe en téléviseurs, plus on y tue… Les meurtres perpétrés au Canada et aux Etats-Unis ont augmenté de 93% entre l’introduction de la télévision, en 1950, et 1970. En Afrique du Sud, où la télé ne fut autorisée qu’en 1975, le même phénomène de décalage s’observe aussi: douze ans plus tard, les homicides ont augmenté de 130%. »[14] Ce ne sont pas seulement les films qui passent tard dans la soirée qui sont en cause. Le journaliste Drago Arsenijevic écrit: « Le Téléjournal véhicule de plus en plus de sang inutile. Certes, la violence quotidienne, les guerres, les massacres, les catastrophes, les accidents meurtriers, les feux gigantesques, les tragédies de la route ne peuvent pas toujours être présentés avec des gants. Il y a un minimum d’images brutales qu’une information télévisée ne peut éviter. Mais on assiste indéniablement à une escalade dans la diffusion d’atrocités. Il y a quelques années, on se contentait de nous montrer un camion plein de cadavres de paysans assassinés au Nicaragua. Maintenant, la caméra pénètre dans le bus et détaille les cadavres un à un pour que le téléspectateur puisse bien voir un visage défiguré, un bras arraché, un corps éventré, un bébé coupé en deux. »[15]

Le chrétien et l’usage de sa télévision

Prenons le temps de lire Gal 5:19-25.

Un choix s’impose!

La télévision a absorbé une grande partie du temps que les chrétiens pourraient normalement consacrer à leur l’église locale. Andries Knevel, directeur de la Télévision Evangélique Hollandaise, écrit: « La vague de la sécularisation au sein de l’Eglise trouve certes son origine dans l’influence de la TV. »[16] Ce fut en 1950 que le premier studio de la Télévision hollandaise prit forme dans une ancienne église réformée à Bussum. N’est- ce pas une illustration symbolique de ce qui s’est passé avec le monde chrétien devenu esclave du petit écran? La grande question est: comment pouvons-nous gérer la TV dans nos maisons, sans devoir se culpabiliser d’avoir vu des choses qui sont une abomination devant l’Eternel? Est-ce possible de la regarder d’une manière sélective? Quels sont les programmes que je regarde en tant que chrétien professant? D’après le théologien A. Knevel, des centaines de milliers de chrétiens regardent la télévision d’une façon irresponsable et incorrigible.[17] Il y a bien des croyants qui luttent avec la TV, qui luttent avec leurs consciences. Qui doit trancher? Le père, la mère, l’enfant? Pourquoi y a-t-il tant de problèmes pour l’éteindre? Une enquête faite parmi les chrétiens en Hollande a révélé les choses suivantes quant aux divers comportements devant le petit écran:

-J’ai trop peu de volonté propre…
-Mon mari n’est pas un chrétien engagé, alors je subis les images contre ma volonté…
-Quand je l’éteins, mes enfants la remettent en route…
-Je préfère garder la paix avec mes enfants et mon mari…
-Je préfère garder mes enfants à la maison, au lieu de les voir traîner dans la rue…
-Je suis prêt à faire des compromis…

Le problème de la TV n’est pas un problème isolé ou d’un groupe précis de notre société. Il frappe toutes les couches de notre société, y compris les chrétiens. Bien des chrétiens se sentent insatisfaits quant à leur comportement devant la TV. La plupart d’entre eux sont conscients que la TV est un véritable médium qui montre dans tous ses états l’horreur du péché et s’en moque. Autrement dit, en regardant le crime, l’adultère, le vol, la convoitise, etc., nous nous rendons complices de ces actes devant Dieu. C’est notre choix et c’était aussi celui de Lot que de s’installer à Sodome!

Le besoin de repentance

Nous n’abordons pas un sujet facile, mais posons-nous la question: où sont les chrétiens qui ont résisté à ce mal et qui osent se forger une opinion selon la Parole de Dieu? Nous aimons faire de la théologie, mais personne n’ose parler du veau d’or, qui est bientôt placé dans presque tous les foyers. Les ravages de la télévision sur l’intelligence, la mémoire, la conscience ne peuvent pas être minimes. Est-ce possible de venir au culte le dimanche matin pour adorer Dieu, pour aimer son prochain créé à l’image de Dieu, et de se divertir pendant la semaine de spectacles où l’on se moque de Dieu et de ses créatures. N’est-il pas grand temps de se repentir, et d’admettre l’erreur que nous commettons en regardant la télévision? Dans une certaine mesure nous sommes complices, car en payant nos concessions nous contribuons également à subventionner des programmes qui sont très souvent une abomination devant l’Eternel. Aurions-nous oublié que nous sommes libres, libres de gérer notre temps, libres pour servir l’unique et véritable Dieu. Abandonnons donc tout esclavage pour l’honneur de notre Dieu. Janry Varnel, responsable des émissions jeunesse à la Télévision Suisse Romande, avoue: « Notre télévision ne remplit pas son devoir, éducatif ou informatif, parce qu’elle obéit à une seule loi, celle du commerce sans foi ni loi: une télévision qui n’est pas regardée est une télévision morte ».[18] Je plaide pour que les chrétiens prient afin que Dieu leur donne du discernement. Celui qui s’adonne à la télévision s’abandonne à la merci d’un pédagogue inconnu. Il ne faut pas rêver, ce pédagogue n’a pas le désir de vous enseigner la vérité: où irait-il la chercher? La télévision s’attaque à notre volonté et il faut le savoir. Elle agit à la manière sournoise d’une drogue. Elle crée une dépendance qui est visible, sensible, manifeste pour les autres qui n’en ont pas. Il suffit d’avoir seulement une fois rencontré un homme ou un enfant qui soit en manque…

Marchez par le saint-Esprit (Galates 5)

L’apôtre Paul exhorte les chrétiens de Galatie à ne plus se remettre sous un nouveau joug d’esclavage (v.1) dont Jésus-Christ nous a libérés par la régénération de son Esprit-Saint. Nous sommes exhortés à marcher par l’Esprit, et à ne point accomplir les désirs de la chair (v.16). J’apprécie la traduction Parole Vivante de ces versets (16,17) qui dit: « Voici donc mon conseil: marchez sous la direction de l’Esprit et vous ne risquerez pas de satisfaire les convoitises de votre être naturel. Vos désirs égoïstes et coupables ne parviendront pas à leurs fins. Laissez donc l’Esprit vous conduire, obéissez à ses instructions et ne cédez pas aux appétits de vos instincts naturels… Votre ancienne nature avec ses désirs égoïstes se rebiffe contre l’Esprit, les aspirations de votre être irrégénéré se dressent sans cesse contre l’être spirituel: mais l’Esprit, de son côté, s’oppose à la volonté naturelle de l’homme. Ces deux forces antagonistes sont constamment en conflit, chacune d’elles luttant pour subjuguer votre volonté. Elles influencent sans cesse vos désirs. C’est pour cela que vous n’arrivez pas à mettre vos résolutions à exécution et que vous n’êtes pas libres de faire ce que vous aimeriez. » L’apôtre nous donne tout un inventaire des oeuvres de la chair dont voici la liste: (versets 19-26)

Version «Colombe» Version «Darby»
L’inconduite La fornication
L’impureté L’impureté
La débauche L’impudicité
L’idolâtrie L’idolâtrie
La magie La magie
Les hostilités Les inimitiés
La discorde Les querelles
La jalousie Les jalousies
Les fureurs Les colères
Les rivalités Les intrigues
Les divisions Les divisions
Les partis pris Les sectes
L’envie Les envies
L’ivrognerie Les meurtres
Les orgies Les ivrogneries
Les orgies

Celui qui passe pendant une soirée ordinaire, d’une chaîne à une autre (ce qu’on appelle le « zapping »), peut voir toutes ces oeuvres de la chair défiler devant ses yeux. Il est d’ailleurs intéressant que l’apôtre Paul commence sa grande liste avec trois péchés qui concernent la sexualité. Le problème de la sensualité et des pensées impures en relation avec la sexualité est le problème numéro un de la télévision. C’est comme un fil rouge qui traverse bientôt la plupart des films. Ceci dit, il est important de se rappeler combien de fois il est question de blasphème, de criminalité, de meurtres, d’occultisme. Les statistiques en Hollande ont malheureusement fourni la preuve que la plupart des chrétiens orthodoxes et évangéliques ne regardent pas seulement les programmes de tendance évangélique, mais tout autant les programmes qui font la guerre à notre âme. La Parole de Galates devrait nous faire réfléchir très sérieusement, car il est écrit que ceux qui se livrent à de telles pratiques n’hériteront pas du royaume de Dieu (v 21). D’autant plus que l’exemple de Lot nous est relaté dans le NT comme un avertissement du jugement de Dieu à venir sur ceux qui dans un appétit de souillure, recherchent les plaisirs charnels (2 Pi 2.10). Pouvons-nous regarder impunément des choses abominables à la TV, avec le motif de nous relaxer? Pouvons-nous voir tant de péchés défiler devant nos yeux sans en être dégoûtés? Pourquoi tant de compromis? Le message de Galates 5 ne peut pas, par conséquent, nous laisser indifférents. Ayant parlé des effets de la chair, l’apôtre nous exhorte à plaire à Dieu par les oeuvres de l’Esprit. Or nous serions malhonnêtes de ne pas reconnaître devant Dieu que la plupart des programmes n’ont pas l’intention de nous édifier et vont encore moins nous inspirer à rechercher les fruits de l’Esprit. L’enquête menée en Hollande parmi les chrétiens a révélé qu’en général, ceux-ci sont conscients de la perversion de la télévision.

Voici ce que les participants à l’enquête ont répondu à la question: Quelle est votre opinion de la TV?[19]

-La TV est une source de disputes et de rivalités
-C’est un interdit dans ma maison, elle manipule notre manière de vivre
-La TV empêche mes enfants de faire leurs devoirs
-Elle nous rend esclaves..
-La TV fait de nous des paresseux…
-Elle prend beaucoup trop de temps…
-Elle nous empêche d’avoir une bonne discussion ensemble
-Elle nous empêche d’éduquer les enfants selon la Parole de Dieu
-C’est une très bonne invention, mais je trouve dommage qu’elle existe…
-Elle nous force à faire des compromis avec nos enfants…
-D’après nous, il est impossible de vivre sans TV
-C’est trop difficile de la regarder d’une manière sélective…
-Sans la TV, mes enfants vont voir ailleurs. ..
-Nous avons sorti la TV de notre maison, c’est une délivrance et une bénédiction…
-J’ai plus de temps pour lire un bon livre…
-La TV n’aurait jamais dû voir le jour…

Il est difficile de donner un résumé de toutes les réactions qui ressortent de cette enquête, mais en gros, nous pouvons constater qu’un bon nombre de parents chrétiens ont accepté d’acheter la TV pour prévenir leurs enfants de voir des choses inacceptables chez le voisin. Malheureusement cette crainte ne peut justifier l’achat de la TV! Pourquoi? L’enquête a clairement démontré que les choses inacceptables chez le voisin ont également, par la suite (et petit à petit) été introduites dans leurs propres foyers.

Il ressort clairement que l’enfant n’a pas le discernement nécessaire pour reconnaître les dangers de la manipulation et les mauvaises influences de certains programmes. De ce fait, certains enfants regarderont la TV pendant l’absence de leurs parents, d’autres insisteront pour voir divers programmes que voient leurs camarades jusqu’à ce que leurs parents cèdent ou deviennent plus permissifs.

Et l’Eglise dans tout cela? L’enquête a aussi révélé que les chrétiens perdent beaucoup de temps devant leur TV, et sont de moins en moins disponibles pour leur église et pour l’œuvre de Dieu en général. N’oublions pas qu’un chrétien engagé entend en moyenne deux fois par semaine un exposé de la Parole de Dieu. Celui du dimanche matin et celui de la semaine. Or que peuvent faire ces quelques heures de prédication contre 10 à 20 heures de télévision en moyenne par semaine? N’est-ce pas le devoir des pasteurs de mettre en garde leurs troupeaux contre un emploi abusif de la TV? Autre question: ces pasteurs sont-ils eux-mêmes libérés de l’influence de la TV?

J. Bert de MOOY


[3] Coopération No 35, 27 août 1997, p. 8,9.
[4] Henri Madelin, Le Monde Diplomatique, mai 1997, p. 32.
[5] Christian Bobin, L’inespérée, Gallimard, Paris, 1994, p. 24-25.
[6] Breyten Breytenbach, La Liberté, novembre 1993.
[7] Breyten Breytenbach, ibid.
[8] Pierre Michel Bourguignon, On vous en mettra plein la vue! Lecture et tradition, octobre 1991, p. 15.
[9] Michel Pittet, cité dans La Liberté du 24.5.94.
[10] Liliane Lurçat, Violence à la télé, Editions Syros, cité dans L’Illustré, no 23-89.
[11] Pierre Michel Bourguignon, ibid., p. 4.
[12] Silvio Antoniano, Traité de l’éducation chrétienne des enfants, Guignard, Troyes, p. 81.
[13] Liliane Lurçat, ibid.
[14] C’est ce qu’a révélé l’étude de Brandon CenterWall, de l’université de Washington.
[15] Drago Arsenijeviç, Trente Jours, octobre 89, p. 6.
[16] Andries Knevel, Doe dat ding dan uit!, Kok, 1993, p. 10,
[17] Andries Knevel, ibid., p. 23.
[18] Janry Varnel, cité dans La Liberté du 24.5.94.
[19] Andries Knevel, ibid., p. 41-50.

Mots clés

compromission monde télévision

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