Comment chercher le sens d’un texte biblique

Comment chercher le sens d’un texte biblique

En théologie le travail qui conduit à retrouver le sens exact du texte s’appelle l’exégèse. Du terme grec exêgomai dont le sens premier est « conduire, guider, exposer en détail ». Par extension, nous avons le verbe extraire, faire sortir. A côté de l’exégèse nous avons l’herméneutique du grec « hermèneuô », qui signifie traduire, interpréter. C’est l’étude des méthodes correctes d’interprétation. Au vue des définitions de ces deux concepts nous pouvons comprendre que chercher le sens d’un texte biblique c’est essayer de l’expliquer, de le rendre accessible, de le comprendre en lui-même ; c’est rechercher ce que dit le texte. Pour ce faire nous allons parler des obstacles rencontrés lors de cet exercice, des conditions nécessaires et nous appesantir sur les principes qui aident dans la recherche du sens d’un texte.  Il est cependant important de rappeler que chercher le sens d’un texte se fait à genou. « Efforce-toi de te présenter devant Dieu comme un homme qui a fait ses preuves, un ouvrier qui n’a pas à rougir et qui dispense avec droiture la parole de vérité » 2Timothée2.15. L’expression « dispense avec droiture » traduit un seul mot grec : orthotoméô qui signifie littéralement : couper droit. Cette expression renvoie à la précision et aux règles de l’art. Dispenser la parole de vérité c’est-à-dire l’expliquer afin que les autres en comprennent le sens exact exige aussi un souci de précision et de respect des règles de l’art.

Il y a, hélas, dans ce domaine beaucoup de « mauvais ouvriers » qui tordent le sens… des Ecritures » (2Pierre.3.16) au lieu de « couper droit », qui sortent les versets ou même des parties de verset de leur contexte pour appuyer leurs idées.

1-Les conditions pour une bonne interprétation biblique

a)-Conditions spirituelles

Qui, croyez-vous, est le mieux placé pour interpréter une œuvre ? (Son auteur) Puisque c’est « poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu. » (2 Pi 1.21). Le Saint-Esprit joue donc un rôle important pour nous éclairer sur le sens de ce qu’il  a inspiré. En réalité, il est indispensable pour comprendre le sens de la parole de Dieu.

Paul disait lui-même aux Corinthiens : « Or nous, nous n’avons pas reçu l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu, afin de savoir ce que Dieu nous a donné par grâce. Et nous en parlons, non avec des discours qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu’enseigne l’Esprit, en expliquant les réalités spirituelles à des hommes spirituels. Mais l’homme naturel ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c’est spirituellement qu’on en juge. » (1 Cor 2.12-14). Par contre, il ne faut pas confondre l’assistance que l’Esprit Saint nous accorde pour comprendre la Parole de Dieu et la révélation parfaite dont les auteurs bibliques ont bénéficié. La Parole transcrite est infaillible, mais aucun homme ne peut prétendre à l’infaillibilité de son interprétation, si spirituel soit-il.

Trois  conditions sont essentielles pour recevoir l’aide du Saint- Esprit dans l’interprétation de la Bible : 1. Il faut être né de nouveau/ 2. Il faut croire que la Bible est la parole inspirée de Dieu/ 3. Il faut associer lecture de la Bible et prière

a-1- Pour bien interpréter la Bible il faut être né de nouveau

« En vérité, en vérité je te le dis, si un homme ne naît de nouveau il ne peut voir (connaître) le royaume de Dieu. » (Jn 3.3). La nouvelle naissance change complètement notre compréhension de la Parole de Dieu. C’est le Saint-Esprit qui nous conduit dans toute la vérité (Jn 16.13). Si une personne, qui n’est pas née de nouveau, lit la Bible, le Saint-Esprit est à l’œuvre pour l’amener à la repentance et peut l’aider à comprendre la Parole qui peut le sauver. L’Esprit ne lui fera probablement pas comprendre des passages difficiles  mais peut certainement lui faire comprendre que Christ est mort pour ses péchés et le faire ultimement naître de nouveau. Dans tous les cas, le Saint-Esprit est nécessaire pour une interprétation correcte et suffisante de la Bible.

a-2- Croire que la Bible est la parole inspirée de Dieu

On n’aborde pas un texte de la même manière, selon qu’on croit que c’est ce que pense un tel sur Dieu, ou qu’on croit que c’est Dieu lui-même qui nous révèle qui Il est. C’est une simple question d’autorité.  « Si elle est parole humaine, je peux me placer au-dessus d’elle, la juger, la critiquer, y opérer des sélections, (choisir d’y obéir ou non). Si elle est Parole divine, je me place sous son autorité. »

Pierre parle des écrits de Paul et accorde à ces lettres la même autorité que le reste des Écritures « C’est ce qu’il fait dans toutes les lettres où il parle de ces sujets, et où se trouvent des passages difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies tordent le sens, comme elles le font du reste des Écritures, pour leur propre perdition. » (2 Pi 3.16). Paul rendait grâce à Dieu de ce que les Thessaloniciens recevaient ces enseignements comme étant la Parole de Dieu « C’est pourquoi nous rendons continuellement grâces à Dieu de ce qu’en recevant la parole de Dieu que nous vous avons fait entendre, vous l’avez accueillie, non comme la parole des hommes, mais comme ce qu’elle est vraiment : la parole de Dieu qui agit en vous qui croyez. »1 Thess 2.13 Vous ne pourrez jamais interpréter correctement la Bible si vous n’êtes pas convaincu de ce qu’elle est vraiment : la parole de Dieu. C’est seulement avec cette conviction que nous approcherons la Bible avec humilité, soumission et confiance.

Comme la Bible est la parole de Dieu, il va de soi qu’elle fait autorité indépendamment de l’attitude que les hommes peuvent avoir à son égard. Qu’on la reconnaisse ou non, elle est la vérité : tout ce qu’elle dit mérite d’être-cru, tout ce qu’elle commande doit être fait. Les hommes qui acceptent cette autorité sont tenus d’y rendre témoignage et d’engager les autres à s’y soumettre, mais on ne peut pas dire qu’ils la fondent, car elle existe par elle-même.

On peut bien sur alléguer divers arguments en faveur de la véracité des Ecritures: conformité avec les découvertes archéologiques, accomplissement des prophéties autrefois et aujourd’hui, confirmation par l’expérience chrétienne. Mais tout cela reste secondaire. L’autorité de la Bible vient directement de Dieu. D’ailleurs une autorité quelconque dépend d’une autorité supérieure ; mais l’autorité souveraine par définition ne peut dépendre que d’elle-même, autrement elle ne serait pas suprême.

Comme Parole de Dieu, l’écriture possède cette autorité suprême. D’où il suit que ni l’antiquité, ni les coutumes, ni la multitude, ni la sagesse humaine, ni les jugements, ni les dires, ni les écrits, ni les décrets, ni les conciles, ni les visions, ni les miracles ne doivent être opposés à cette écriture Sainte, mais au contraire toutes choses doivent être examinées, réglées et réformées selon elle.

C’est surtout dans le domaine de la foi et de la vie que cette autorité s’impose à nous, car c’est pour provoquer notre foi et pour diriger notre vie que la Bible nous a été donnée. Mais dans les autres domaines aussi elle doit être considérée comme infaillible. Lorsque la science semble en contradiction avec elle, il est assez superflu d’essayer une harmonisation. La science est fluctuante ; ses observations peuvent être inexactes, et les théories qui les expliquent ne sont que des hypothèses. Celles d’aujourd’hui ont supplanté celles d’hier et risquent bien d’être supplantées par celles de demain. Inutile de vouloir établir un accord qui reste provisoire.

De plus, comme la Bible est absolument vraie, la compréhension que nous en avons est imparfaite. Ne courons pas le risque d’imiter les inquisiteurs qui, au nom d’une mauvaise interprétation des textes bibliques, ont condamné Galilée parce qu’il disait que la terre n’était pas immobile.

a-3- Associer lecture de la Bible et prière

Cette condition peut sembler banale, et trop peu de croyants y portent suffisamment d’attention  mais lire la Bible sans demander à Dieu de nous aider à comprendre Sa Parole est un des meilleurs moyens pour ne pas la comprendre !  Quels seraient les autres avantages de la prière avant la lecture de la Parole de Dieu ?

La prière nous place dans une position de dépendance et d’humilité face à Dieu. Elle nous rend plus réceptifs à l’œuvre du Saint-Esprit. Lorsque les disciples ne comprenaient pas les paroles de Jésus, ils lui en demandaient l’explication (Mt.13.36; Mc 4.10) et il répondait à leur demande (Mc 4.34; Lc 24.45). Nous ne devrions jamais entreprendre l’étude de la Bible sans avoir supplié auparavant le Maître de nous ouvrir l’intelligence et de nous expliquer Sa Parole.

Une fois mis en contact avec la parole de Dieu, les frères ne dépendent plus de l’église pour y croire. Il leur arrive ce qui s’est produit pour les Samaritains qui au départ avaient cru en Jésus à cause du témoignage de la femme, mais qui ensuite pouvaient lui dire après avoir personnellement vu le Maître : «Ce n’est plus à cause de tes dires que nous croyons; car nous l’avons entendu nous- mêmes, et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde» (2 Jn 4.39-42.). Pour que nous soyons bien certains d’entendre la voix de Dieu en lisant la Bible, il faut, que le même Esprit qui a parlé par la bouche des prophètes pqrle en nos cœurs et les touche au vif pour les persuader que les prophètes ont fidèlement mis en avant ce qui leur était commandé d’en haut, d’où l’importance de prier.

Quand le Saint-Esprit travaille ainsi en nous, nous sommes tous enseignés de Dieu, selon la promesse de Jésus (Jn 6. 45). Nous ne croyons plus à cause d’un témoignage humain, si autorisé soit-il, mais nous apprenons, comme de fidèles brebis du troupeau, à reconnaitre la voix du bon Berger et à la discerner de celle des étrangers (Jn 10. 4-5). Ce témoignage intérieur du Saint-Esprit ne nous fera pas tomber dans un dangereux subjectivisme. Si telle page de l’Ecriture nous laisse froids ou même nous choque, cela ne prouve en aucune manière qu’elle soit contestable ; cela prouve tout simplement que nous ne sommes pas encore assez soumis à l’action divine.

b)-Conditions intellectuelles pour une bonne interprétation

Il faut donc de bonnes conditions spirituelles, mais il faut aussi de bonnes Conditions intellectuelles. Lorsqu’on parle de « sonder » les Écritures, il faut bien sûr se servir de sa tête ! Quelles seraient les conditions intellectuelles nécessaires à une bonne interprétation des Écritures ? 1. Employer son intelligence/ 2. Ne pas craindre l’effort/ 3. Aller du simple au complexe/ 4. Garder l’esprit ouvert

b-1- Employer son intelligence

Jésus fait souvent appel au bon sens (Mc 3.4; Lc 10.36-37; 14.25-33); l’apôtre Paul aussi… (1 Cor 11.13; 14.20; 1 Thess 5.21). « Je parle comme à des hommes intelligents; jugez vous-mêmes de ce que je dis. » (1 Cor 10.15).

L’intelligence est un don de Dieu, les proverbes parlent abondamment d’user de notre intelligence. « Proverbes de Salomon, fils de David, roi d’Israël, pour connaître la sagesse et l’instruction, pour comprendre les paroles de l’intelligence » (Pr 1.1-2). Quand vient le temps de comprendre ce que Dieu dit ce n’est pas la place des émotions ou de l’intuition. Vous ne trouverez jamais Jésus demander à quelqu’un : « Comment te sens-tu face à ce que je viens de dire ». Il demandait plutôt « que vous en semble ? » Comment jugez-vous la situation ? Il faisait appel au bon sens de ses auditeurs.

b-2- Ne pas craindre l’effort

Quand Jésus parlait en paraboles, les disciples devaient constamment prendre le temps de demander à Jésus le sens de ce qu’il venait de dire.  Luc loue les chrétiens de Bérée de ce qu’ils « examinaient chaque jour les Écritures, pour voir si ce qu’on leur disait était exact. » (Ac 17.11). On va à l’école pendant des années pour apprendre les mathématiques, le français, une technique ou un métier. Et on trouve ça normal !  Alors, pourquoi s’attendrait-on que la connaissance la plus importante de notre vie nous vienne toute seule ?

b-3- Aller du simple au complexe

Si vous commencez par vouloir interpréter l’Apocalypse ou les visions de quelque autre prophète, vous risquez vite de vous décourager. Il faut naturellement commencer par des textes plus simples. Comprendre les idées de base et le message central avant de chercher à comprendre les révélations concernant le 2e retour de Christ. Les Évangiles nous expliquent le plan rédempteur de Dieu, ils contiennent de nombreuses révélations sur le pourquoi et le comment de la loi et des prophètes. Il faut commencer là et s’y référer.

b-4- Garder l’esprit ouvert

Si nous ne lisons la Bible que pour y trouver la confirmation de ce que nous savons déjà, nous ferons peu de découvertes.  L’intérêt de l’étude de la Parole de Dieu réside précisément dans le fait qu’elle peut nous « enseigner, nous convaincre et redresser » nos erreurs. (2 Tim 3.16).

Le plus grand obstacle à une interprétation juste de la Parole est nos préjugés, les lunettes qui « teintent » la vérité de Dieu. « Si nous voulons que l’étude de la Bible nous fasse progresser dans notre foi, nous devons être prêts à remettre en cause les idées avec lesquelles nous abordons le texte et nous laisser enseigner par lui. » C’est ce que signifie : garder l’esprit ouvert ! C’est aussi ce que les réformateurs ont dû faire pour « sortir » du dogme catholique et revenir au sens original du texte en mettant la tradition de côté.

Notre éducation nous a inculqué certaines notions que nous avons tendance à accepter comme des faits. À ces grands principes, que nous acceptons comme des vérités, nous  devons substituer, par la foi, La Vérité de Dieu afin de ne pas nous laisser biaiser par eux.

En voici quelques exemples


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Mots clés

bible discernement Jésus-Christ parole de Dieu prière

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