Comme Christ en pardonnant

 » Supportez-vous les uns les autres et, si l’un a sujet de se plaindre de l’autre, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez vous aussi » . Col. 3.13 (Segond)

Dans la vie de la grâce, le pardon est l’une des premières bénédictions que nous recevions de Dieu. C’est aussi l’une des plus glorieuses. Cela nous fait passer de l’ancienne vie à la nouvelle. C’est le signe et la garantie de l’amour de Dieu et il nous acquiert le droit à toutes les richesses spirituelles qui sont préparées pour nous en Christ. Le chrétien racheté ne peut jamais oublier, que ce soit ici-bas ou dans l’éternité, qu’il est un pécheur pardonné. Ce qui travaille le plus puissamment à enflammer son amour, à réveiller sa joie, à fortifier son courage, c’est l’expérience, continuellement renouvelée par le Saint-Esprit, de cette réalité vivante : l’amour de Dieu qui pardonne. Chaque jour, oui chaque fois que sa pensée s’élève vers Dieu, il se rappelle : je dois tout au pardon par grâce.

L’amour qui pardonne, voilà bien l’une des plus grandes merveilles qui soient manifestées dans la nature divine. En lui, Dieu trouve Sa gloire et Son bonheur et c’est dans cette gloire et ce bonheur que Dieu veut introduire Son peuple racheté. C’est pourquoi Il invite tous ceux qui ont reçu eux-mêmes le pardon à le répandre aussitôt autour d’eux et dans la même mesure.

Avez-vous jamais remarqué combien souvent le Seigneur Jésus parle de pardon, et de façon si frappante ? Si nous lisons attentivement les paroles de notre Seigneur en Mat. 6.12-15 ; 18.21-35 ; Mc 11.25 nous comprendrons qu’être pardonné par Dieu et donner aux autres sont deux choses inséparables. Quand le Seigneur fut remonté au ciel pour nous assurer la repentance et le pardon des péchés, l’Écriture, au travers de l’apôtre Paul, dit de Lui exactement ce que Jésus avait dit du Père : nous devons pardonner comme Lui. C’est ce qu’exprime notre texte : de même que Christ vous a pardonnés, pardonnez, vous aussi. En pardonnant nous serons, comme nous devons être, semblables à Dieu, semblables à Christ.

Il est facile d’en trouver la raison. Quand l’amour qui pardonne vient à notre rencontre, ce n’est pas seulement pour nous délivrer du châtiment. C’est bien plus que cela. Il veut nous gagner pour Lui, prendre possession de nous, demeurer en nous. Et lorsqu’il s’abaisse ainsi pour demeurer en nous, il ne perd pas son caractère céleste ni sa beauté : il demeure toujours l’amour qui pardonne et il désire poursuivre son œuvre, non seulement à notre égard mais en nous et par nous. Il nous conduit ainsi à pardonner à ceux qui ont péché envers nous et nous rend capables de le faire. Cela est tellement vrai qu’il nous est dit que ne pas pardonner est le signe certain de ce que nous n’avons pas été pardonnés. Celui qui ne désire Ie pardon que par égoïsme, afin d’être délivré du châtiment mais qui n’a pas accepté vraiment l’amour qui pardonne comme règle de sa vie, celui-là démontre que le pardon de Dieu n’est jamais arrivé réellement jus¬qu’à lui. Celui qui, au contraire, a véritablement reçu lé pardon aura, dans la joie qu’il éprouve à pardonner aux autres, une confirmation continuelle de sa foi en la réalité du pardon de Dieu à son égard. Recevoir le pardon de Christ et l’accorder aux autres comme Christ, cela ne fait qu’un.

C’est ce qu’enseignent l’Écriture et l’Église, mais que voit-on dans l’expérience et dans la vie des chrétiens ? Hélas ! Beaucoup savent à peine que la Bible parle ainsi ou, s’ils le savent, pensent que c’est plus qu’on ne peut attendre de créatures pécheresses. D’autres encore sont d’accord, d’une façon générale, sur ce qui vient d’être dit mais trouvent une bonne raison pour que, dans leur cas particulier, cela ne s’applique pas : cela affermirait les autres dans Ie mal – l’offenseur, quant à lui, n’aurait jamais pardonné si l’offense lui avait été faite – bien des chrétiens éminents n’agissent pas conformément à ces exigences – les excuses ne manquent pas ! Et pourtant le commandement est si simple et l’avertissement si solennel : « de même que Christ vous a pardonné, pardonnez ! ». « Si vous ne pardonnez pas, votre Père qui est dans les deux ne vous pardonnera pas non plus vos offenses » (Marc 11/26). Avec des raisonnements humains, on rend la parole de Dieu inefficace. Mais c’est justement par l’amour qui pardonne que Dieu cherche à triompher du mal et c’est pourquoi II pardonne jusqu’à soixante-dix fois sept fois (Matthieu 18/22). Et n’est-il pas évident que ce qui doit régler ma conduite, ce n’est pas ce que ferait l’offenseur à mon égard mais ce que Christ a fait pour moi ? Ce qui montrera que j’ai véritablement reçu le pardon de mes péchés, ce n’est pas ma conformité à la piété courante des chrétiens, mais ma conformité à Christ Lui-même.

Hélas ! Y a-t-il des églises, des œuvres chrétiennes où l’on ne transgresse pas gravement cette loi de l’amour qui pardonne ? Dans nos assemblées, dans les entreprises philanthropiques aussi bien que dans la vie sociale ordinaire et même dans la vie familiale, on trouve la preuve que, pour beaucoup de chrétiens, l’invitation à pardonner comme Christ l’a fait n’a pas encore été reçue comme le principe qui règle leur comportement. Une divergence d’opinion, une opposition quant à telle manière d’agir qui nous paraît juste, un affront réel ou imaginaire, une parole défavorable ou prononcée étourdiment qu’on nous a rapportée, et nous voilà remplis de ressentiment, de mépris, de rejet, alors qu’il nous faut aimer, pardonner, oublier, comme Christ. Chez ceux qui sont ainsi, la loi de la compassion, de l’amour, du pardon, n’a jamais encore pris possession de leurs pensées et de leur cœur. C’est pourtant cette loi qui est la racine même des relations entre la Tête et les membres et qui doit gouverner toutes les relations des membres du corps entre eux.

Bien-aimé disciple de Jésus, toi qui es invité à reproduire Son image pour le monde, apprends que, de même que le pardon de tes péchés a été une des premières choses que Jésus ait faites pour toi, le pardon envers les autres est l’une des premières choses que tu puisses faire pour Lui. Rappelle-toi que, pour un cœur régénéré, il y a une joie encore plus douce que celle d’être pardonné, c’est la joie de pardonner aux autres. La joie d’être pardonné est terrestre, c’est celle d’un pécheur ; la joie de pardonner est la joie même de Christ, elle est céleste. Regarde et découvre que tu es invité à participer à l’œuvre même que Christ a accomplie et à la joie dont II est Lui-même comblé, rien de moins !

C’est ainsi que tu peux être en bénédiction au monde. C’est en étant Celui qui pardonne que Jésus a vaincu Ses ennemis et S’est attaché Ses amis, c’est ainsi qu’il a fondé Son royaume et qu’il l’accroît sans cesse. C’est au moyen de cet amour qui pardonne, prêché mais surtout manifesté par la vie de Ses disciples, que l’Église convaincra le monde de l’amour de Dieu. Si le monde voit des hommes et des femmes qui aiment et qui pardonnent comme Jésus l’a fait, cela l’obligera a reconnaître que Dieu est réellement au milieu d’eux.

Et si cela te semble encore trop pénible ou trop élevé, rappelle-toi qu’il n’en sera ainsi que dans la mesure où tu laisses parler ton cœur naturel. Par nature, le pécheur ne désire nullement cette forme de joie et ne peut y accéder. Mais dans l’union avec Christ, nous le pouvons : celui qui demeure en lui doit marcher comme lui (le Seigneur) a marché (1 Jean 2/6). Si tu t’es livré toi-même pour suivre Christ en toute chose, c’est Lui qui, par Son Saint-Esprit, te rendra capable de faire aussi cela. Avant même qu’une tentation se présente, prends l’habitude de fixer les regards sur Jésus et que la beauté céleste de l’amour qui pardonne soit ton modèle car, en reflétant « la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire » (2 Corinthiens 3/18). Chaque fois qu’en priant tu bénis Dieu pour Son pardon, fais le vœu de manifester autour de toi le même amour qui pardonne, pour la gloire de Son Nom. Avant même qu’il soit question de pardonner qui que ce soit, que ton cœur soit rempli d’amour pour Christ, pour tes frères, pour tes ennemis : un cœur aimant estime que pardonner est une bénédiction. Dans tous les petits détails de la vie quotidienne où peut survenir la tentation de ne pas pardonner, accueille avec joie cette bonne occasion de prouver que tu vis dans l’amour de Dieu, l’amour qui pardonne. Montre combien tu es heureux de laisser rayonner Sa lumineuse beauté sur les autres au travers de toi et combien tu goûtes le privilège béni d’être amené ainsi à porter l’image de ton Seigneur bien-aimé.

Andrew Murray, extrait de « Comme Christ »


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